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Mona-Lena, je vis entre ici et là-bas. Ce blog est un prétexte pour écrire sur ce qui me meut, ce qui m'inspire, ce que je perçois du monde en utilisant comme support le corps et le textile. Favorable à une mode instinctive et intuitive, je ne suis pas à l'aise avec les tendances et je ne sais absolument pas les « décrypter » ou les prédire. J'évolue également dans un milieu professionnel très éloigné de tout cet esthétisme puisque je suis éducatrice spécialisée dans la protection de l'enfance (titulaire du DEES). Je suis aussi une maman féministe et plutôt universaliste.

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Praha

12 Fév Praha

Nous sommes partis à Prague quelques jours, y trouver de la culture, de bons plats inconnus et un peu de bon temps. J’avais tout organisé de telle sorte que l’on puisse faire les visites qui nous intéressaient, en les regroupant par quartiers, et tout en nous aménageant du temps pour faire des choses imprévues.

Ouais bah…

Déjà, une chose, une seule, le prix du ticket de RER pour aller à CDG. Dix euros. Dix euros que tu n’as pas prévu dans ton budget, fois deux donc, et qui partent dans le simple déplacement en transport. On sent la nana qui habitait dans Paris intramuros et qui ne payait presque rien son pass navigo. BREF.

Nous avons pris notre petit avion en milieu d’après-midi le samedi, excités, heureux, et en fait, déjà fatigués. Ça commençait bien. Arrivé à Prague il faisait nuit à 16h45, un brouillard épais surplombait la route et nous avons pris le bus 119 (en direction de Nádraží Veleslavín) puis le tram 26 jusqu’à Kamenička où était situé notre appartement. Un studio tout à fait confortable et agréable à vivre avec le nécessaire pour passer un agréable séjour.

Le lendemain matin nous nous sommes levés à 7h (8h30) plein d’énergie pour visiter Staré Město et Josefov. On a d’abord commencé par se perdre en suivant les indications du GPS de MyLord, nous avons fini sur un ilôt au milieu de la Vltava (j’ai toujours cru que le Danube traversait Prague).

Nous avons finalement traversé de bout en bout Staré Město, Josefov et un peu Nové Město durant la journée du dimanche. Tout est ouvert sept jours sur sept à Prague et c’est un réel atout. J’ai pu m’enthousiasmer devant la Maison Municipale et devant l’horloge astronomique située sur la place de la vieille ville.

J’ai pu aussi passer quelques minutes à la Gallerie La Femme, contrairement à ce que son nom laisse penser, il ne s’agit pas d’une gallerie d’art exposant exclusivement des oeuvres d’artistes femmes, j’étais un peu déçue de l’apprendre. La galleriste a pu m’expliquer qu’il ne s’agissait que d’artistes tchèques, mixtes. Il y’avait principalement des peintures et autres collages, c’était très hétéroclite. La dame m’a montré et expliqué, dans un anglais plus qu’approximatif, quelles étaient selon elle les oeuvres les plus intéressantes. Il y’avait sa grand-mère avec elle, qui lui a dit qu’elle approuvait totalement ma tresse et que c’était “bien”. J’y ai vu une oeuvre de Vladimír Jiránek  représentant la France, une seule, une personne, debout, jambe écartée et de dos, recevant du sexe oral par une autre personne, le tout formant la tour Eiffel avec une phrase plutôt explicite. J’ai demandé si c’était ainsi que le reste du monde nous voyait, nous les français, elle a sourit, gênée.

Nous ne sommes pas allés au Klementinum, bien que j’en ai eu très envie. Je déteste les visites guidées, il faut suivre un groupe comme un mouton et on ne peut pas s’attarder tant qu’on le veut dans l’espace à visiter. Je préfère évoluer par moi-même et lire les explications dispensées. De toute façon mon anglais n’est pas suffisament excellent pour que je puisse tout saisir à l’oral, je suis plus à l’aise dans la lecture. De plus, ils ne pouvaient pas assurer la possibilité de visiter le lieu à cause d’un différend avec je ne sais plus quelle instance tchèque. Le lieu semble sublime toutefois et à visiter si l’on aime les majestueuses bibliothèques.

Je recommande vivement le Mucha Museum (Muchovo Muzeum), il est facile d’accès, très bien doté et retrace fidèlement la vie, l’oeuvre, l’histoire de l’artiste Mucha. Je suis très attirée par le travail de cet artiste et même s’il y manquait mes deux oeuvres favorites j’ai pu en découvrir une toute autre dont je ne soupçonnais pas même l’existence et qui avait dû m’échapper dans mes lectures sur le sujet: Médée. Dans la salle du fond est dispensé un petit documentaire filmé pour compléter ce que les images et encarts n’ont pu apporter. Bien entendu, les photos sont interdites à l’intérieur , et le magasin de souvenirs est joliment doté d’un vaste choix d’objets et de posters de reproductions (environ 25€ pour la plus grande).

Bien qu’ils fussent sur ma liste des visites à faire nous n’avons pas fait le Musée de la musique, le Château de Prague et le Kampa Museum. Nous manquions tout simplement d’argent. Il faut savoir que tous les musées sont payants à Prague. La culture n’est pas gratuite comme cela peut être le cas à Londres par exemple. Quant aux tarifs préférentiels ils ne concernent que les jeunes enfants, les étudiants de moins de 26 ans et les séniors. Il faut compter, globalement entre 8 et 13€ pour une visite pour une personne. Nous n’avions finalement pas un tel budget et une telle décision est regrettable. Je ne sais pas comment sont financés les musées en République Tchèque, s’agit-il principalement de mécénat, est-ce prélevé sur les impôts ou ne vivent-ils que du prix des visites? Je n’en ai pas la moindre idée mais en tant que touriste, français par exemple, ça n’est pas vraiment intéressant. Pour le château de Prague par exemple, il y’a trois types de visites:

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En revanche nous avons traversé à divers reprises le Pont Charles, assez difficilement d’ailleurs car il y’avait beaucoup de… comment on dit… des gens comme nous, des touristes. C’est un beau pont ancien, le long duquel on peut voir toutes sortes de statues et de gravures, dont celle du chine de la famille royale ainsi que la reine qui est dorée à force d’avoir été touchée par les passants. Il semblerait que cela apporte le bonheur. Pour ma part j’avais trop froid pour sortir mes mains de mes poches. Ce pont fait très promenade des artistes et des amoureux.

Dans un style complètement différent, le Mur Lennon est à faire, évidement! Nous avons même eu la chance de voir des artistes lui redonner des couleurs au moment où nous y passions. Je pense qu’une vidéo quelle qu’elle soit va sortir sous peu… Ah bah tiens, elle est là.

Give ☮ A Chance from Farmable Films on Vimeo.

Sinon, où manger et où boire à Prague? Oui car si j’y allais c’est aussi pour découvrir la cuisine tchèque, et MyLord lui, les bières tchèques qui ont une certaine réputation.

Nous avons principalement mangé grâce à l’enseigne Billa, qui est une sorte de croisement entre Aldi, Liddl et Dia. On pouvait y acheter des petits trucs à grignoter et de quoi faire des courses pour le soir sans se ruiner. Nous y avons donc testé les bières en photo, toutes plus dégueulasses les unes que les autres. Mais la palme d’or de la bière la plus immonde revient à la Kozel, la première que nous ayons bu le samedi soir et qui nous a…comment dire… démoralisé. C’est comme de la Kro, qui reste au soleil, ouverte pendant tout un après-midi d’été, et que tu refous au frigo après. Pour que ça soit frais, tu vois. De. La. Pisse. Désolée pour les fan/nes de Kro.

La meilleure bière nous l’avons bue à The Irish Times dans Staré Město et il s’agit de la bière O’Hara. Nous y sommes d’ailleurs allé trois fois durant notre séjour pour y boire et jouer aux cartes. Nous y avons toujours été parfaitement accueillis et les prix restent abordables (109 couronnes pour une pinte). À savoir, les bars et restaurants sont fumeurs à Prague, donc si comme moi vous êtes vite incommodés par la fumée de cigarette, cela peut vous faire fermer plus d’une porte de bar.

Sinon, le truc que l’on n’a pas fait non plus mais qui permet de boire beaucoup pour une sorte de forfait c’est le clock tower bar crawl. Peut-être parce que ça avait l’air d’un attrape-couillons.

J’avais pu voir que l’absynthe était largement répandue dans Prague, tout comme les produits dérivés du cannabis (gin white widow, space cakes, etc..) vendu très librement et massivement. J’avais bien entendu très envie de goûter ce breuvage aussi mythique et historique, me rappelant mes vieux cours de littérature. Eh bien c’est assez bon, même si ça tape fort, à 70°, et que ça a brûlé ma bouche. Le goût qu’il reste après, une fois la gorgée avalée, et vraiment plaisant. Du coup j’ai ramené une bouteille à la maison. Je suis donc assez contente d’avoir découvert l’absynthe au Chapeau Rouge, bar à l’ambiance étrange et dérangeante qui semble avoir traversé les âges, les époques et les tendances.

Pour boire un bon thé dans un décor très à propos je vous suggère le Dobra Cajovna. J’ai trouvé le thé plutôt bon quoique peut-être pas assez fort pour moi. Le décor fait très namasté, nous étions installés sur les coussins confortables de la petite mezzanine et le personnel est agréable. Ce n’est pas cher du tout, en revanche c’était trop bruyant pour moi.

Ne demandez surtout pas à un bar tchèque de vous faire un irish coffee, oui, cela tient du bon sens, a priori. Trois tentatives toutes aussi infructueuses les unes que les autres. J’ai bu mon tout premier irish coffee au Pivnice Stupartska 1869 et j’ai eu la désagréable impression de lécher un cendrier usagé. Voilà. En revanche je n’ai rien au à redire sur le goulash que j’ai pu y manger, le premier aussi. C’était très bon, même si j’étais un peu embêtée de savoir si cela était “correct” de manger le bol (fait de pain).

S’il y a une chose à savoir sur les restaurants tchèques c’est que 1) l’eau est payante et 2) le pain aussi 3) Les accompagnements aussi sont payants (dans la plupart des pays tu commandes un burger et bien les frites vont avec, ce n’est pas aussi évident ici). C’est à dire que si vous ne commandez pas de pain mais qu’ils vous en mettent une corbeille sur la table et que vous en manger, comme vous le feriez en France, c’est payant. Genre 4€ de plus. Dans le genre attrape-touristes ça aussi c’est plutôt pas mal et bien entendu vous n’êtes prévenus qu’à la fin, au moment de l’addition. Dans le genre je ne recommande pas le Restaurant Staromacek qui est dans Staré Mesto. En plus de nous faire payer 4€ pour du pain et de la rillette que l’on n’avait pas demandé ils ont la délicatesse de lever les yeux au ciel et de souffler lorsque l’on ne comprend pas quelque chose.

En revanche nous avons eu une très agréable surprise avec la crêperie U Slepe Kocicky, tout près de notre appartement qui était à la fois abordable et délicieuse.

 Côté friperies, c’est du vrai et pas du chiqué! On est fort loin des friperies parisiennes qui pour certaines, pratiquent du sortie d’usine faussement vintage. Ici, dans les friperies et autres magasins de seconde main on trouve de tout, des fringues, mais aussi des cendriers, des appareils électroniques datant d’une autre époque, des VHS et DVD, des livres, et de la déco immonde, même des câbles en tous genres. J’ai pu en visiter cinq et mes favorites sont celle de Holesovice “Recycle with love” et “Bohemia Retro Vintage” de Zizkov. De toute façon je n’avais pas très envie de me déshabiller, il a fait bien froid lors de notre séjour et les couches se superposent donc logiquement sous le manteau. Je ne suis pourtant pas frileuse.

Nous avons beaucoup baroudé, zig-zaguant entre les rues, levant le nez devant la splendeur des bâtiments anciens, j’aime tant cette débauche de dorures, d’écritures, de fresques. Mangeant des trdlenik, je ne sais pas comment cela s’écrit au pluriel. Nous avons beaucoup dormi aussi, comme si le froid et la marche la journée puisait profondément dans nos réserves d’énergie. Et nous sommes rentrés heureux de retrouver notre maison. Et je pense que c’est là tout le bien d’un voyage, découvrir, s’imprégner, essayer, et rentrer.

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PS: Bien entendu un grand tri a été fait entre ce que je voulais bien partager ici et ce qui devait n’exister que dans notre gros album papier de famille.

PS2: Les tchèques ont un gros délire sur le cristal. Leur univers est délicieusement kitsch.

Photographie de Une: Prague sous la brume.

Musique

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