Le mythe de la femme enfant

L’incroyable dualité de la femme enfant. Nous devons toujours faire plus femme, plus tôt, comme si être femme était un corps et non un état d’esprit, une réalité génétique, biologique.

À quel moment le devient-on lorque l’on est une femme cis?

Alors le mythe de la femme-enfant me fait sourire. Ce rôle adulte assumé, couplé à une prétendue innocence, une candeur, une fraîcheur de lolita, presque obscène. Un peu comme le fantasme de l’écolière. Mini-jupe plissée, air docile, et innocence frôlant la bêtise. La femme enfant c’est celle qui peut aborder des sujets très sérieux, très mûrs, qui les maîtrise et échange sans peine avec les autres adultes mais qui peut aussi, sur un temps ponctuel, retomber dans le plaisir des gestes enfantins; les guillis, les glaces, les batailles de polochons/d’eau, regarder un dessin animé, etc…

C’est jouer. Jouer des rôles. Rire, s’amuser sur le ton du ridicule. Car ce qui est enfantin est ridicule venant d’adultes, aux yeux d’autres adultes. Alors que si cela vient d’enfants, c’est touchant.  Il y’a quelque chose de l’ordre de la spontanéité, du don de soi, sans réserve ni crainte, sans fausse pudeur ni stratégie. Sauf que la femme-enfant suggère une forme de timidité sans la moindre gêne ni filtre. Oui, les deux en même temps. Elle est sexy aussi, on pourrait presque l’amener à tout. Et n’importe quoi.

Et je ne sais toujours pas si je suis ça. Car à la fin, je me demande souvent si je ne suis pas une enfant qui joue beaucoup à la femme, ou une femme qui tente d’être encore une enfant.

 

Robe l’École des femmes – Pull Fiarino – Collants ASOS et Chaussures Gucci

Photographie de Une: L’une ou l’autre.

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