À propos…

Mona-Lena, je vis entre ici et là-bas. Ce blog est un prétexte pour écrire sur ce qui me meut, ce qui m'inspire, ce que je perçois du monde en utilisant comme support le corps et le textile. Favorable à une mode instinctive et intuitive, je ne suis pas à l'aise avec les tendances et je ne sais absolument pas les « décrypter » ou les prédire. J'évolue également dans un milieu professionnel très éloigné de tout cet esthétisme puisque je suis éducatrice spécialisée dans la protection de l'enfance (titulaire du DEES). Je suis aussi une maman féministe et plutôt universaliste.

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Des mots et des pensées #2

03 Nov Des mots et des pensées #2

J’essaie d’avoir une vie plus éthique. Plus écologique intellectuellement et spirituellement parlant. En quelque sorte. J’essaie d’apporter plus du naturel à ma vie, autant que j’en sois capable, et de prôner la positivité.

En ce sens, je m’étais dit que je ne likerai plus sur instagram les photos de ces corps trop parfaits, comme sortis de moules, dirigés par les dictats. Je ne likerai plus de photos avec des gens qui fument, je suis contre le tabac sous sa forme commerciale, et je ne valide pas l’image de personnes qui fument. L’expression de l’addiction n’est pas vendeuse selon moi, tout comme l’expression de la maladie. Je ne likerai plus de contenus sexuellement explicites, s’ils ne font pas l’apologie de la liberté sexuelle, s’ils rabaissent, manipulent. Je ne likerai plus de photos de nourriture si apprêtée, loin de la réalité, loin de la fonction première, à la limite de la TCA. Je ne likerai plus de photos montrant du fric à profusion, de la violence, l’expression de la domination.

Bordel mais que reste-t-il de vice alors? Si je n’utilise que des produits naturels et cruelty free pour mon corps, que j’ai viré la viande et le poisson, le lait animal de mon alimentation (et que donc je me prive sciemment de rouge à lèvres qui me font très envie)? Que je suis en paix avec mon corps et son animalité, sa condition de mammifère? Que je suis en harmonie avec le mouvement universaliste? Que me reste-t-il de pourri? Si je ne peux même plus mater un cul parfaitement bombé et travaillé aux squats et me dire que je rêve de le toucher et que je dois faire semblant de préférer un cul gras et plein de peau d’orange au nom de la body positivité que je prône? Parce que le cul travaillé aux squats est le résultat de normes et de modes excluantes. Si je ne peux plus aimer une photo hype de bobos qui fument dans un salon type ethnique avec des têtes de blasés au nom de la naturelle-attitude que je veux mettre en avant? Quels clips de Rihanna je vais pouvoir continuer de regarder si le fric, le sexe gratuit et la violence ne peuvent plus faire partie de mon paysage internautal? J’adore Rihanna, merde!

La clope c’est de la merde mais ça peut faire de bonnes photos.

Les bleus, le sang, les coups, les armes, c’est de la merde, mais comme la mort ça peut faire de bonnes photos.

Le cul raccoleur c’est naze, mais c’est excitant.

À trop vouloir vivre healthy, bonne bouffe, bonne hygiène de vie, bon job, bonnes relations sociales, on ne se laisse vraiment plus aller à l’instinct et au bestial.

Et si la solution n’était pas simplement de cesser de cautionner tous ces contenus préparés, contrôlés, censés taper au coeur de ma sensibilité? Et si ma sensibilité est vulgaire et s’émeut davantage d’une paire de fesses que d’un fromage blanc aux baies sur une table de marbre avec une belle cuillère ciselée à côté?

Il y a un monde entre ma morale, mes valeurs, et ma sensibilité, mon sens esthétiques, mes pulsions.

Photographie de Une: Golden ass.

Musique

2 Comments
  • Eouzan.H
    Posté à 14:46h, 05 novembre Répondre

    Très intéressant cet article! C’est vrai que cela en vient à se poser des questions ahah

  • Polina
    Posté à 17:13h, 24 novembre Répondre

    Je crois que tout est une question d’équilibre. S’extasier devant un beau corps est naturel, tout comme le fait de vouloir “s’en bâtir” un. Le vice c’est quand un goût prononcé pour quelque chose tourne en addiction ou en maladie, comme tu le soulignes.

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