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Mona-Lena, je vis entre ici et là-bas. Ce blog est un prétexte pour écrire sur ce qui me meut, ce qui m'inspire, ce que je perçois du monde en utilisant comme support le corps et le textile. Favorable à une mode instinctive et intuitive, je ne suis pas à l'aise avec les tendances et je ne sais absolument pas les « décrypter » ou les prédire. J'évolue également dans un milieu professionnel très éloigné de tout cet esthétisme puisque je suis éducatrice spécialisée dans la protection de l'enfance (titulaire du DEES). Je suis aussi une maman féministe et plutôt universaliste.

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Culture en Mai #5

30 Mai Culture en Mai #5

Le dernier Banquet de Jonathan Grimwood.

J’aime les romans qui racontent la vie d’une personne. J’aime les histoires de vie, les parcours de vie, comprendre l’évolution d’un humain. Forcément j’ai adoré ce roman à l’écriture fort simple qui relate la vie de Jean-Marie d’Aumout, depuis le moment où il est trouvé dans un tas de fumier jusqu’à ce fameux dernier banquet qui donne son titre au livre. On y découvre les différents rôles que peut camper un homme dans sa vie bien que son statut reste toujours le même. À la manière de Grenouille dans le Parfum, le Marquis d’Aumout nous invite dans une aventure faite de saveurs (principalement de viandes en fait), une quête de la science, de la compréhension de son monde. La cuisine ici sert de prétexte à questionner tout un univers, une époque et une société en place qui, d’ailleurs, va chavirer puisque l’histoire se déroule en France au XVIIIè siècle. Le Marquis d’Aumout est un homme entier, tantôt vindicatif, tantôt sentimental et franchement concupiscent, il ne cache ni ses émotions ni ses pensées. Sa quête du goût est à la fois exotique et très charnelle. Qualifié de philosophe par ses amis de l’Académie Militaire ou d’original par ceux qui respectent les codes de la noblesse, le personnage principal se démarque par ce qu’il veut être une sorte marginalité, malgré tout il n’en demeure pas moins un noble avec tous les privilèges que cela comporte.

Je n’ai fait le rapprochement entre le contenu du livre et sa couverture que vers la fin du roman. C’est un roman qui se lit presque d’une traite car il ets très rythmé, bien que l’histoire se déroule au XVIIIè siècle, on est loin du verbe de l’époque et des manières ampoulées des auteurs d’alors. Très divertissant, j’ai beaucoup aimé, mais ça n’est pas à mettre entre les mains de ceux qui lisent au premier degré, car c’est défintivement un livre qu’il faut lire entre les lignes (sport compliqué).

À copier cent fois d’Antoine Dole, est une courte nouvelle, qui tient plus du récit d’ailleurs, dans laquelle un petit garçon nous partage ses pensées et ses souffrances. “Comment se faire aimer d’un père qui vous rejette pour ce que vous êtes?”, qui vous rejette parce que vous vous faites harceler, humilier, frapper dans la cour de récré. Comment faire comprendre qu’on ne voudrait rendre les coups et qu’il soit fier de nous, mais on ne peut pas. La peur est plus grande. Comment mieux expliquer le rejet cruel de la société, des parents, de l’école de ces mômes qu’ils appellent “pédé” parce qu’ils ne pensent et n’aiment pas comme eux? En 56 pages, soit vingt minutes de lecture, nous prenons une belle leçon, encore, dans la tronche, qui nous montre que 50% du travail doit être fait à la maison, et le reste à l’école. Comment peut-on rejeter l’enfant qui vient de nous pour ce qu’il est, pour qui il est, alors que nous souffrierions nous-même de son rejet? Comment les professeurs peuvent-ils fermer les yeux sur la malveillance et la cruauté qui sévissent dans les écoles? Il est temps d’éduquer, d’écouter, et de rassurer: “Ce que je veux dire par là c’est que, je t’aime, comme tu es. Même si parfois tu peux croire le contraire”. J’ai adoré ce récit même s’il m’a fait beaucoup de peine car il m’a rappelé des choses que j’ai vu ou connu à l’école, parce qu’il m’a rappelé la chance que j’ai d’avoir grandit dans ma famille, et qu’il m’a jeté aux visages tout ce qu’il peut y avoir dans la tête d’un enfant qui n’est pas armé face au désamour.

Les fleurs de l’ombre, de Steve Mosby. Je n’avais lu jusqu’alors qu’un seul roman de Steve Mosby, Un sur deux, que je conseille ou offre à tout le monde car je l’ai trouvé renversant. L’intrigue des fleurs de l’ombre est ingénieusement bien pensée, on navigue entre les souvenirs, le présent et la fiction dans la fiction. Très vite j’ai été saisie par l’intrigue et si tout le récit m’a tenue en haleine, je me suis véritablement sentie arnaquée par le dénouement lors duquel un personnage mystère apparaît rendant toute la fin trop facile.

Get out est vraiment le type de film sur lequel j’ai du mal à parler. Trop de ressentis, trop d’idées, trop d’enthousiasme face à cette merveille cinématographique. Get out “ce n’est pas parce que vous êtes invité que vous êtes le bienvenu”. Oui. En effet. Si le film débute sur une scène sans équivoque en terme de violence par la suite nous évoluons d’abord dans un climat d’amour, de tendresse et de complicité entre Chris et Rose. Le scénario est simple sur le papier mais ô combien plus complexe dans la réalité. Une jeune-femme blanche présente son petit-ami noir à sa famille lors d’un week-end organisé par ces derniers. Si les premiers instants de politesse se passent sans que l’on ne note plus de gêne que cela, au fur et à mesure du temps on ressent clairement que l’ambiance est pourrie et que la couleur de peau de Chris pose quand même, un peu problème aux parents blancs. Le malaise, il n’y a pas d’autres mots, les gestes, les attitudes, les paroles, tous anodins, créent ensemble un profond malaise qui peint subtilement le portrait de l’Amérique raciste et passive. Une foule de petits évènements et de bénins incidents intriguent, on sent très vite que ça ne va pas, mais c’est bien la trouvaille dans la boîte dans le placard qui a terminé, pour ma part, de flairer la grosse panique de merde.

Je suis allée voir les Gardiens de la Galaxie 2 en VF, au cinéma, avec les enfants du travail. Heureusement que eux ont aimé un peu parce que moi, non. J’ai rigolé à côté de la plaque à des trucs qui n’étaient pas censés faire rire (à part le coup du pouce que j’ai adoré), j’ai trouvé le thème principal foireux et re-re-re-re-vu. Les luttes entre soeurs “tu m’as fait souffrir mais je te pardonne”, la recherche du père “j’ai toujours voulu avoir qui est mon père, ah tiens j’en ai un!”, l’éternelle vision manichéenne du bien et du mal, de l’intérêt individuel et collectif, du beau et de l’esthétique. C’était bien abordé pour des enfants. Donc bref, heureusement que la place était payée par le boulot quoi.

Logan: ça m’a fait tout triste de le voir en sale état comme ça. Super-héros, anti-héros, super-anti-héros.

A dog’s purpose est un feelgood movie sur lequel nous sommes tombés par hasard, ne sachant pas quoi regarder. L’affiche du film avec cette bonne bouille de brave chien nous a séduits et nous avons ainsi plongé dans les pensées, les réflexions et les questions existentielles d’un chien nommé Bailey. Quel est donc le but de la vie d’un chien? Plus encore, quels peuvent être les buts des vies d’un chien? On suit donc Bailey à travers ses différentes vies qui nous partage son regard tellement plus simple sur le monde.  Je le recommande vraiment!

Et histoire de ne pas mourir idiote j’ai regardé Fifty shades plus black, enfin darker. Au moins, c’est comme Rrrrr, maintenant je peux dire en toute légitimité que je trouve ça débile. Et pas excitant. Sauf les fesses de Dakota Johnson, ça, c’était top!

Photographie de Une: Get out avec un petit côté Edward Munch.

Musique

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