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Mona-Lena, je vis entre ici et là-bas. Ce blog est un prétexte pour écrire sur ce qui me meut, ce qui m'inspire, ce que je perçois du monde en utilisant comme support le corps et le textile. Favorable à une mode instinctive et intuitive, je ne suis pas à l'aise avec les tendances et je ne sais absolument pas les « décrypter » ou les prédire. J'évolue également dans un milieu professionnel très éloigné de tout cet esthétisme puisque je suis éducatrice spécialisée dans la protection de l'enfance (titulaire du DEES). Je suis aussi une maman féministe et plutôt universaliste.

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Culture en Juin et Juillet #6

29 Juil Culture en Juin et Juillet #6

Dans mon envie pulsive d’accélérer mon déménagement j’ai mis 95% de ma bibliothèque en carton aussi je n’ai pas été très penchée sur le lecture ce mois-ci, en revanche j’ai fait une découverte majeure: Avatar.

Avatar est sorti en 2009 et à l’époque j’ai refusé de le voir à cause du tapage médiatique autour (cette manière de faire et de concevoir les choses fera de moi une has been à vie!). On m’avait vanté Avatar comme étant l’histoire de Pocahontas (version Disney hein) avec des bonshommes bleus. Forcément moi j’adore l’histoire de Pocahontas (toujours version Disney, pas IRL) et j’aimais bien les Shtroumpfs aussi, mais je me disais que les deux ensemble ça ne matcherait pas bien. J’ai eu tort. En effet, à bien des égards cette histoire m’a fait penser à celle de Pocahontas, car elle est celle de n’importe quel peuple colons qui vient piller, détruire une terre étrangère pour se l’approprier. Ce qu’il y’a en plus? La naissance d’une personne, l’ouverture et la vie d’un personnage avec une histoire d’amour à la clef. J’ai aimé l’imaginaire riche, fertile de Cameron à travers ce film. Je ne voulais pas le voir non plus parce que j’adore Titanic, oui j’aime l’histoire, la réalisation, les interprètes. J’avais l’impression que si je regardais Avatar, je renierai Titanic. Eh bien pas du tout, l’un et l’autre font honneur au monstre de travail, au tyran de la perfection qu’est James Cameron et qui a décidé, sur Avatar de se faire plaisir. Je me suis indignée, j’ai pesté contre des personnages, je suis bien rentrée dans le film me laissant aller à l’enthousiasme de la découverte. J’ai retrouvé tout ce qui marche bien: de bons gros américains débiles et violents qui ne voient que leurs intérêts, des colonisés prêts à se battre pour sauver leur culture et leur histoire dont la plupart sont hyper typés selon les véritables colonisés et asservis de notre histoire, une Sigourney Weaver au coeur d’or, un beau-gosse de ouf…etc…

C’était bon.

Only God forgive

Franchement? Non. Le scénario est ennuyeux, l’intrigue plate, les interactions entre les acteurs sont dénuées de la moindre énergie vitale. J’ai trouvé ça tout à fait barbant. Éventuellement il y’aurait à dire sur les mères abusives et castratrices ou comment le personnage de Julian est délivré de sa mère grâce/à cause du drame et de la traque qu’il subit.

En revanche, et ça je ne l’enlèverai pas, c’est tout à fait magnifique à voir. Les jeux d’éclairage, la mise en scène, tout le visuel en somme est superbe. Mais en fait, fout une musique trip-hop dessus et ça devient un excellent clip. Voilà. Mais bisou à Ryan quand même.

Peter et Eliott le dragon

Je pensais que ça serait comme le Livre de la Jungle, un remake visuellement plus beau et plus sombre. Comment dire? Je me suis trompée. Je gardais un souvenir flou du dessin animé/film car je l’ai vu très jeune, alors je ne sais pas si la nouvelle version est fidèle à l’idée de départ mais nom d’une pipe ce que c’est chiant comme film! Ce n’est même pas frais, ni particulièrement bien réalisé ou joué ou filmé. Ni même touchant. Non, c’est authentiquement ennuyeux.

J’ai vu Colossal, que j’ai beaucoup aimé. En VF (30 coups de fouet!). J’imagine donc qu’en VO il devait être dingue. Entre la comédie et la science-fiction, Colossal raconte l’histoire de Gloria, jeune-femme paumée et alcoolique qui se fait mettre à la porte par son copain à la suite d’une énième nuit d’alcool. Alors qu’elle essaie de remettre de l’ordre dans sa vie, sans y parvenir car son ami d’enfance Oscar lui propose un poste dans son bar, elle réalise que le monstre qui terrorise Séoul depuis quelques jours exécute exactement les mêmes gestes qu’elle. Commence alors une véritable enquête sur son lien avec la créature. Les personnages masculins, résolument sexistes tentent de gourverner la vie de Gloria, mais elle va apprendre à conquérir son indépendance à travers sa relation au monstre et ce sont des gestes radicaux qu’elle effectue afin de préserver la population de Séoul une fois consciente de son triste pouvoir. J’ai honnêtement ri devant ce film, pour autant, ça n’est vraiment pas un film comique qui déjoue bien ce qu’il pourrait laisser à penser être. On ne voit pas la très attendue romance entre Gloria et Oscar naître, contrairement à ce que les scènes de leurs retrouvailles laissent croire. Colossal surprend vraiment dans ses choix scénaristiques sans qu’ils soient incensés. Le film est excellement bien joué et tourné, j’ai eu bien du plaisir à retrouver Anne Hattaway dans ce rôle.

The Neon Demon, encore un Nicolas Winding Refn. Encore une claque visuelle. Encore un scénario simpliste. Et encore que…? The Neon Demon est une belle métaphore, un conte en soi, de tout ce qui peut nous bouffer ou de notre volonté de bouffer les autres dans certains milieux professionnels. La transformation. La sublimation? La mutation. Là où l’agneau essaie de devenir loup mais reste, quoiqu’il en soit, un adorable petit herbivore face aux sanguinaires louves. La jeunesse éternelle, la remise en question de la beauté, peut-elle se créer? Naît-on avec? La beauté est-elle perceptible à l’oeil ou bien se ressent-elle exclusivement? Quelle vie pour celles qui sont périmées avant même d’avoir éclot? Car les femmes, dans le monde de la mode, du mannequinat plus précisément, que met en scène Winding Refn, sont soit des fleurs, soit des pièces de viande. Il est remis en question leur existence, peuvent-elles être en dehors des shootings et des défilés, c’est ce dont semble douter le réalisateur.  L’histoire en elle-même ne m’a pas vraiment intéressée même si les métaphores qui l’imagent sont bien réalisées. C’est un film qu’on regarde parce qu’il est beau, parce que les gars de la photographie se sont fait plaisir, parce que les mises en scènes sont excellentes et me rappellent sur certains aspects David LaChapelle, parce que les sapes sont dingues. J’ai vu toutes sortes de références, depuis Cendrillon, Carrie en passant par James Turrell. Par ailleurs, je reste persuadée que la robe de Jesse dans la scène de la piscine est une Maria Lucia Hohan. Gros plaisir d’avoir revu Desmond Harrington avec son regard toujours si froid, dur et cynique. Finalement the Neon Demon c’est le film de la publicité de luxe (ou moins luxe) qui est remise a priori en question avec la beauté morte d’Elle Fanning.

J’ai fini récemment Purgatoire des innocents, de Karine Giebel. Je l’ai souvent lu conseillé par ceux qui aiment d’ordinaire les thrillers (en France). L’intrigue est simplissime, des braqueurs viennent de faire le coup du siècle, et ils décident de se planquer dans une ferme en pleine campagne, dans laquelle ils prennent en otage l’habitante. Rapidement, ce qui semblait être la planque de rêve vire au cauchemar absolu. J’ai été très vite happée par le roman, que va-t-il arriver à nos quatre braqueurs ? Que va-t-il arriver à Sandra, l’otage ? Que va-t-il arriver à Jessica et Aurélie, une histoire en parallèle qui ne va pas tarder à entrer en collision avec celles de nos malfaiteurs ? On assiste à une véritable course contre la montre, un crescendo de violence. Les chapitres sont découpés en journées, les journées en heures, et on découvre alors ce qu’il se passe ici ou là-bas au même instant. Pourtant, je ne peux pas dire que j’ai beaucoup aimé cette lecture. Le dénouement n’est pas exceptionnel, le personnage de Patrick est franchement grossier et jusqu’auboutiste, la psychologie de Sandra est à la rigueur la plus intéressante mais à trop vouloir dresser le portrait de ses personnages, Karine Giebel les rends forts peu réalistes. J’ai eu l’impression, passé un certain moment, de lire une accumulation de tortures et de provocations qui ne servaient pas réellement le texte. Pour autant, je pense que ce roman vaut le coup d’être lu car il ne laisse tout de même pas insensible. En revanche, pour éviter toute catastrophe je suggère qu’il ne soit jamais adapté au cinéma.

L’échec littéraire du mois ça a été À l’estomac de Palahniuk que j’ai entamé avec beaucoup d’entrain mais que j’ai laissé de côté actuellement car je n’arrive pas à suivre le fil ni a apprécier l’écriture très scénarisée de ce roman-là.

En revanche j’ai beaucoup aimé Le reconciliateur et Grechen au bois dormant de F. Scott Fitzgerald. Deux nouvelles dans lesquelles le couple est remis en question dans un décor d’années 20 new-yorkaises. Il y est question de sacrifices, de perceptions différentes de la vie et du couple, le tout dans un format très court et rapide à lire, plutôt agréable. Les femmes sont frivoles et aiment se divertir et leurs époux, très sérieux et casaniers semblent tout vouloir tenter pour sauver leur mariage. Du même auteur j’ai lu la nouvelle la Sorcière rousse que j’ai beaucoup aimé dans le ton, toutes ces histires que l’on se fait que l’on s’invente sur des personnes que l’on croise à des moments phares/fards ou anodins de nos vies. Ces personnes qui, par leur seul passage, la furtivité de leur apparition, influencent considérablement nos actes, nos choix.

Photographie de Une: Colossal

Musique

1Comment
  • Poppy
    Posté à 13:31h, 31 juillet Répondre

    The Neon Demon. Je suis ressortie de la salle complètement sonnée avec mes potes : mais qu’est ce qu’on vient de voir ? Certes visuellement c’est sublime, j’ai bien compris la critique de la beauté, du luxe, du jeunisme toussa toussa… Mais alors je suis passée complètement à côté. Un sacré ovni pour moi. Par contre Keanu Reeves absolument glaçant.

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