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Mona-Lena, je vis entre ici et là-bas. Ce blog est un prétexte pour écrire sur ce qui me meut, ce qui m'inspire, ce que je perçois du monde en utilisant comme support le corps et le textile. Favorable à une mode instinctive et intuitive, je ne suis pas à l'aise avec les tendances et je ne sais absolument pas les « décrypter » ou les prédire. J'évolue également dans un milieu professionnel très éloigné de tout cet esthétisme puisque je suis éducatrice spécialisée dans la protection de l'enfance (titulaire du DEES). Je suis aussi une maman féministe et plutôt universaliste.

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Culture en Avril #3

30 Avr Culture en Avril #3

Autant j’ai du mal à me tenir à mes sept coups de coeur du mois autant ce petit article #culture dans le mois me fait un bien fou! Ce mois-ci,  une série, des livres et des films, vous êtes prêts?

• Livres

J’ai enfin fini Bazaar de Stephen King! J’ai tout de même mis plus de deux mois et demi à lire les deux tomes de ce roman. J’avais beaucoup accroché au premier tome puis je me suis laissée embarquer dans un tas de choses à faire qui font que j’ai délaissé le second avant de me replonger dedans et de le finir en quelques jours. J’ai beaucoup aimé l’histoire, dans laquelle on retrouve éternellement les thèmes préférés de Stephen King: une ville, Castle Rock, avec des habitants a priori sans histoires mais qui cachent tous leurs secrets, des maléfices en enchantements dévastateurs, un personnage clef, mystérieux et malveillant. On en apprend beaucoup sur les divers personnages, je trouve que certains sont vraiment exploités à fond et c’est ce que j’adore. Pour une fois je n’ai pas trouvé que l’on mettait du temps à entrer dans le vif de l’intrigue, très visuel, comme toujours, Bazaar est aussi un roman que j’ai trouvé hyper rythmé, notamment sur le second tome où les évènements s’enchaînent et se succèdent. J’ai eu beaucoup de plaisir à lire les passerelles existantes entre cette histoire et d’autres déjà écrites, les références feront sourire les amateurs de Stephen King. D’ailleurs j’ai souvent souri, vraiment son humour léger et complètement pince-sans-rire ici m’a plu. Bazaar est l’histoire d’une ville et de ses habitants qui perdent leur âme, et si un jour on vous demande une toute petite farce pour payer un objet qui, à vos yeux, est inestimable, faites bien attention à la vôtre, d’âme. Le diable roule en Talisman quand il n’est pas en costume noir.

J’ai hâte de lire le nouveau Baazar des rêves que j’ai acheté il y’a quelques mois et de voir le film de 1993 adapté du livre Bazaar.

PS: j’aimerais vraiment organiser à plus grande échelle une “ronde des livres”, mais je comprends que ça soit difficile (nom+prénom+adresse etc…) car pour l’instant ce n’est pas un franc succès, pour les lectrices que cela intéresserait contactez-moi sur monalena.c@gmail.com

• Films

J’ai été plus gourmande de films ce mois-ci que de livres, je vous l’accorde, et le premier que j’ai regardé après des mois et des mois à me dire “j’ai trop envie de le voir” c’est John Wick. Franchement, y’a rien à redire: c’était pas fameux. Je dois dire que j’ai eu envie de le voir pour deux choses 1) Keanu Reeves et 2) Keanu Reeves en colère. Dans ce film, où il interprète John Wick donc (faut suivre hein), il est en deuil et des mecs un peu cons lui font une crasse pas cool (phrase niveau CM1). La suite on la devine, John Wick va s’énerver fort et se venger, la vengeance étant quand même le sentiment le plus vendeur au cinéma en partenariat avec l’amour et le besoin de justice. Donc c’est violent, y’a des armes partout, John Wick qui n’a pas l’air de grand chose, à part de Keanu Reeves, est super craint par plein de gens dont des mafieux haut-de-gamme, on évoque son nom comme celui du croque-Mitaine, ah non pardon, comme étant celui qui tue le Croque-Mitaine. Histoire basique, qui se regarde avec une pizza décongelée et une bière.

J’adore les films qui se déroulent dans les années 60 car ils me contraignent à sortir de ma condition et de mon éducation pour voir les mécanismes de l’époque. C’est ce qu’il s’est passé lorsque j’ai regardé La couleur des sentiments, dont il faut impérativement que je lise le livre. Je trouve le titre, enfin la traduction, de ce film vraiment ridicule, mais tout le long du film j’ai oscillé entre fous-rires, colère, agacement, mépris et “nan mais faut se remettre dans le contexte de l’époque, nous aurions peut-être aussi été ce genre de Blancs, c’est une affaire d’éducation”. Éduqués comme des êtres supérieurs. Emma Stone y campe une jeune journaliste, ou chroniqueuse avant-gardiste et progressiste qui veut donner la parole, recueillir les témoignages des bonnes Noires, celles qui élèvent les enfants Blancs. Elles les élèvent, les éduquent dans l’amour et le respect, jusqu’au jour où, les enfants Blancs grandissent et deviennent à leur tour des employeurs de bonnes Noires. On retrouve dans ce casting Octavia Spencer au visage et expressions si communicatifs, elle est toujours aussi excellente et c’était un plaisir de la voir évoluer dans le rôle de Minny. On y éxècre Bryce Dallas Howard en Hilly Holbrook qui incarne parfaitement la femme pleine de haine qui humilie ses bonnes, elle montre bien combien il faut se détester soi-même pour être aussi simplement méchant et rejetant. Si le film montre d’intenses moments de joie et de solidarités entre les femmes Noires employées par des Blancs, il passe très vite sur les violences physiques et le manque de crédit dont elles font l’objet. Loin d’être ou tout noir ou tout blanc, justement, le film, et j’imagine le livre, montre quel univers de nuances c’était alors, et c’est toujours. Les Blancs ne sont pas tous odieux, comme le montre Célia Foote, et les Noirs pas tous soumis. Enfin, pas complètement. Véritablement, mon coup de coeur va au personnage de Minny et au mantra de Aibeleen, jouée par Viola Davis, “You is kind, you is smart, you is important”.

Dans un registre tout à fait différent, j’ai regardé VHS sur les conseils de MyLord. Il s’agit d’un film d’épouvante exploitant le registre du snuff et du found-footage. En gros, une bande de mecs sont payés pour faire un cambriolage et rapporter une VHS très précise au mec qui les a commandés. Le souci c’est que le gars qu’ils sont censés cambrioler est retrouvé mort devant ses écrans de télé. Et pendant que les autres fouillent la maison, un mec insère dans le magnétoscope (je ne pensais pas taper ce mot-là en 2017) une VHS. Là commence le défilé de vidéos toutes plus surprenantes et effrayantes, sinon malsaines et gênantes, les unes que les autres. C’est filmé en mode caméra embarquée donc ça fait un peu mal aux yeux ou à la tête parfois mais j’ai vraiment beaucoup aimé ce film. D’autant que, sans spoiler, il y’a une sorte de mystère entre chaque vidéo, c’est à n’y rien comprendre. On retrouve principalement des acteurs inconnus, et des scénarios très divers qui s’inspirent toutefois de légendes urbaines ou d’histoires populaires. Globalement c’est un film tordu, aux effets visuels pas dingues mais qui fonctionne quand même, je trouve, hyper bien, car il remixe facilement ce qu’on connaît du cinéma horreur ou gore en en prenant l’essentiel. Ce n’est clairement pas novateur, mais en ce qui me concerne, en bonne amatrice des trucs qui font flipper, l’histoire avec la webcam m’a bien foutu les jetons.

Un jour je ferai une critique d‘August Underground haha…

Ida. Dans un style, encore une fois, totalement différent, j’ai bien aimé Ida, que j’avais acheté en DVD parce que l’affiche m’avait plue. C’est l’histoire d’une orpheline ayant grandit dans un couvent et qui s’apprête à prononcer ses voeux. Avant qu’elle ne prenne cette grande décision, sa Mère Supérieure l’invite à rencontrer sa tante, Wanda, qu’elle n’a jamais connue, seule famille qui lui reste. Là, elle découvre qu’elle ne s’appelle pas Anna mais Ida. Elle fait d’autres découvertes sur ses origines, sa famille, sur Wanda, avant d’expérimenter ce que sa tante appelle “le sacrifice” que sont ses voeux. Le film, en noir et blanc, est plutôt lent et à la fois rapide à regarder, je l’ai trouvé doux et nostalgique. C’est un film poignant dans un sens car il “remue le couteau dans la plaie”, un film dans lequel deux magnifiques et talentueuses actrices, Agata Trzebuchowska et Agata Kulesza se font face dans un duo de vie et de mort. L’une voit la découverte du monde dans l’autre et l’autre voit sa soeur dans l’une. J’ai eu du plaisir à le regarder, d’autant que la contrainte du cinéaste était intéressante, à savoir tourner le film dans des conditions dans lequelles il aurait été tourné à l’époque (choix de bobines etc…). À l’oreille il sonne divinement avec du Bach et du Coltrane, c’est un film classique je trouve et qui a parfaitement trouvé sa place dans ma vidéothèque.

Je pense que le film pour lequel j’ai eu le plus grand coup de cœur ce mois-ci c’est Les innocentes. Je voulais le voir depuis sa sortie et j’avais acheté le DVD en le laissant prendre le soleil sur l’étagère. Oui, ce mois-ci il y’aura eu deux films avec des religieuses, avec la guerre, la féminité, la vie, le choix, la religion en trame de fond. Attention, spoil… C’est l’histoire d’un couvent de bénédictines, je crois, qui, en 1945 en Pologne, se retrouve dans une situation cauchemardesque. Violées par des soldats soviétiques, certaines sœurs sont enceintes et accouchent, les unes après les autres. Une jeune médecin française, Mathilde Beaulieu, jouée par Lou de Laâge que je découvre ici, va les aider dans les soins et va, indirectement, faire changer le couvent de direction en se rapprochant de Soeur Maria, Agata Buzek. J’ai du mal à définir les éléments du film qui ont fait qu’il m’a tant plu. Est-ce le thème même de la Sœur, sans aucun prosélytisme dans ce film? Sans doute, je ne cache pas mon attirance pour les films où les hommes et femmes de religion sont présentés, ils contrastent divinement avec le reste de la société dans leur choix et leur sacrifice, égoïste et désintéressé. Peut-être est-ce le confort visuel que propose ce film, très simple, aux couleurs austères et reposantes. J’ai aimé y voir une jeune femme médecin a priori libre et peut-être agnostique, aider ces femmes en réelles détresse et les accompagner sans jugement. De la sœur qui abandonne, à celle qui materne en passant par celle qui élimine. Dans l’unité et la simplicité que suggèrent normalement les vœux des sœurs, ici, c’est une explosion de personnalités, d’émotions, de ressentis profonds et égoïstes. Le traumatisme. Quand Dieu ne suffit plus. En terme de bande originale j’ai été très touchée par les chants religieux. Les voix féminines ici, les airs entonnés sont d’une infinie douceur, d’une grande mélancolie, je trouve aussi. Le film se termine sur on the nature of day light de Max Richter. Comment dire qu’il n’en faut pas plus pour me tirer des larmes. Le film se termine sur des sourires qui tranchent avec l’austérité et la dureté des visages du début du film. Les rires et la jeunesse qui entourent les sœurs semblent les avoir transformées. J’ai été très touchée par ce film qui a joué avec la corde sensible de mes émotions sans avoir besoin de tomber dans le pathos. Très juste, très simple, avec un rôle masculin aussi agaçant que parfaitement interprété par Vincent Macaigne. Je trouve qu’Anne Fontaine a réalisé un tour de force avec ce film qui traite de sujets tabous dans l’Église, déjà à l’époque, et qui le demeure toujours : les viols de religieuses, le renoncement à la maternité. Voir comment elle a mis en scène ce fait réel en le rendant touchant mais pas déprimant, avec beaucoup de pudeur je trouve, cela m’a beaucoup plu. Plus que de religion, c’est un film qui parle de courage et de vie, deux notions qui devaient sembler si désuètes au sortir de la guerre. Pourtant, nous serions bien aises de nous en saisir. J’en profite pour vous partager la bande-originale, car c’est une véritable pépite.

“Il y’a ce western avec Kit que j’ai très envie de voir, Brimstone“. Non mais moi je ne regarde pas de western’s, je n’aime pas ça, même avec Kit Harrington. Eh bien détrompe-toi ma biquette, en fait, ce western-là m’a complètement prise au dépourvu. Le casting est à la base très prometteur, on retrouve Dakota Fanning qui joue le rôle d’une femme à la vie pieuse, au passé mystérieux, muette. Kit Harrington qui, bien que tête d’affiche, fait une apparition que j’estime éclaire au milieu du film. Et puis, surtout, surtout, il y’a Guy Pearce, parfait en authentique connard-de-merde monstre de cruauté. L’histoire se passe dans l’ouest Américain du XIXè siècle, Liz (Dakota) une femme muette s’occupe des accouchements dans sa ville lorsque l’un d’eux tourne mal, et le bébé meurt. Rapidement, la vindicte populaire s’abat sur elle en même temps que celle du nouveau Révérend qu’elle semble fuir comme la peste. Découpé en trois chapitres, le film relate l’histoire de cette femme, depuis sa tendre enfance jusqu’au jour où, sa fille prend la parole à sa suite. La rythmique du film met une grande pression sur le spectateur car plus on avance dans le film, plus la gêne et le dégoût sont palpables. Jamais gratuite, la violence, ici, a sa place et est le fondement même de la relation entre les personnages principaux.

C’est un film dur, violent, qui glace le sang et permet de prendre aussi toute mesure de ce que les châtiments religieux pouvaient être, car on les supposent inspirés de techniques réelles, à une époque pas si lointaine.  Le réalisateur hollandais Martin Koolhoven nous trimbale violemment du désert de l’Ouest au plaines enneigées du Nord du pays, où on suit Liz dans sa quête de liberté et sa survie, traquée. Enfin, je salue pour une fois le rôle féminin qu’interprète Dakota Fanning dans un genre cinématographique où les femmes sont le plus souvent absentes. Elle y est juste, excellente.

Ce film aurait tout aussi bien pu s’appeler Taboo car c’est exactement l’idée qu’il soulève tout au long des 2h28.

• Série

Et en parlant de Taboo, c’est le nom de la dernière série que j’ai regardé cette semaine. Il faut dire que j’ai gloutonné la première saison (huit épisodes) comme du petit lait. Difficile de résumer cette première saison, il faut être bien accroché et savoir dans quel sens donner de la tête, à l’image de House of cards, Taboo est une série de stratégie, cela demande d’avoir et une bonne mémoire et de belles capacités d’analyse. On y découvre un Tom Hardy toujours plus froid (mais chauuuud nom de dieu!), une véritable armoire à glace que rien (?) n’arrête dans le rôle de James Delaney, heureux propriétaire d’une parcelle de terre du nom de Nootka Sound près de Vancouver. Ce lopin de terre, est l’objet de bien des convoitises pour les marchands de l’époque, ainsi débute une véritable guerre de pouvoir entre l’Amérique, l’Angleterre et Mr Delaney.

Cette série est une idée de Tom Hardy, avec Tom Hardy comme personnage principal, et produite par Tom hardy (et Ridley Scott). C’est une série sur le monopole, de bout en bout me direz-vous. Le personnage de James Delaney est rondement mené quoique légèrement caricatural (dur, massif, limite immortel, sans limites, violent), pour ma part j’ai particulièrement aimé les rôles de Tom Hollander et Stephen Graham. Quant à la plus grande justesse dans le rôle, elle revient à Edward Hogg lorsqu’il campe sa vie de femme. Le reste du casting n’est pas moins intéressant puisqu’on retrouve Jonathan Pryce (toujours un connard anglais celui-là) et Michael Kelly.

Sombre, la série évoque à diverses reprises les “choses” qu’a fait James Keziah Delaney qui sont si abjectes, on devine le cannibalisme, mais les tabous ici vont plus loin… Je vous laisse savourer les moments ou rites et magies prennent forment en des instants de torture ou de volupté.

Si Tom Hardy me dit “I have a use for you”, t’inquiète que j’ouvre grand mes oreilles.

Photographie de Une: En tout cas, I have a use for mes bouquins de Stephen King.

Musique

3 Comments
  • Poppy
    Posté à 17:21h, 30 avril Répondre

    King, King, King… Une grande histoire de désamour pour ma part. Je n’ai JAMAIS réussi à accrocher, exception faite pour Simetierre. Pas faute d’avoir essayer, j’en ai lu beaucoup x)
    Dans le même genre avec Harrington, ils ont fait toute la promo du film Le 7eme Fils sur lui alors qu’il n’y apparait que 1m30 (au mieux) au tout début. Si tu as lu et kiffé la série des Apprentie Epouvanteur, fuis ce film ù________ù

  • Polina
    Posté à 10:06h, 16 mai Répondre

    J’ai adoré ton commentaire sur John Wick. A part les scènes d’action et Keanu Reeves, effectivement… Sans parler de leur doublage en russe bourré de fautes avec un accent à couper au couteau !

    • Instable Mona-Lena
      Instable Mona-Lena
      Posté à 11:14h, 16 mai Répondre

      Je suis hyper nulle en russe sauf pour dire “vodka” mais c’est vrai que je garde le souvenir d’un doublage très cliché!

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