À propos…

Mona-Lena, je vis entre ici et là-bas. Ce blog est un prétexte pour écrire sur ce qui me meut, ce qui m'inspire, ce que je perçois du monde en utilisant comme support le corps et le textile. Favorable à une mode instinctive et intuitive, je ne suis pas à l'aise avec les tendances et je ne sais absolument pas les « décrypter » ou les prédire. J'évolue également dans un milieu professionnel très éloigné de tout cet esthétisme puisque je suis éducatrice spécialisée dans la protection de l'enfance (titulaire du DEES). Je suis aussi une maman féministe et plutôt universaliste.

M’écrire
Contact

Culture en Août #7

28 Août Culture en Août #7

J’ai dévoré Les lames de Mo Hayder. Comme toujours, cette autrice me séquestre à travers les pages de ses romans. Ici, point de Caffery ou de Flea que j’avais l’habitude de suivre à travers leurs enquêtes dans Skin, Rituel, Birdman ou L’homme du soir. Dans ce roman, on rencontre Sally et Zoe Benedict, deux soeurs que tout oppose, en apparence, et qui ne se sont pas revues depuis leur enfance. La première a une fille Millie, divorcée de son père, elle se retrouve subitement couverte de dettes, pis encore, elle doit gérer le contre-coup du meurtre d’une ancienne amie de sa fille adolescente. Zoe de son côté est devenue enquêtrice, elle fait partie de la brigade criminelle. Indépendante et solide, elle entend bien résoudre le crime de la jeune Lorne. Ses investigations vont l’emmener sur le terrain de la pornographie barely legal et l’amener à croiser le chemin de sa soeur.

J’adore comme Hayder construit ses personnages, les informations qu’elle livre sur leur profondeur, leurs pensées, les expériences qu’ils ont menées pour arriver à ce point de leurs vies. J’aime comment on assiste ici à l’éclosion de Sally, à travers le pire des actes, elle se révèle et prend sa vie en main. Zoe ouvre et s’auto-accède. Elle accède à elle-même, et permet à d’autres d’accèder à elle. Il est compliqué d’écrire sur un thriller sans gâcher et dévoiler l’intrigue, des détails ou des moments cruciaux de l’histoire. Je m’attendais à un retournement de situation concernant le personnage de Steve ou de Mélissa. J’ai incroyablement aimé la scène de la pâte rouge. J’ai aimé cette surprise, ce truc que je pressentais quand même, sur le dénouement final-final (la dernière page quoi). Le “Hein!! Sérieux? Putain elle (Mo Hayder) est chiante à faire ça!”. J’adore comme elle nous manipule.

Ce livre est excellent comme il est, je le sais rationnellement. Mais mon coeur veut une suite. Un tome 2 genre.

 

Je suis allée voir Dunkerque, de Christopher Nolan, au cinéma. Je savais que ce film me plairait mais il n’était pas du tout dans mes priorités. Le film retrace instants par instants la bataille de Dunkerque, opération Dynamo, lors de laquelle anglais et français se sont retrouvés acculés par les forces allemandes. On y découvre divers personnages, du petit soldat, aux aviateurs jusqu’aux marins et aux civils. C’est vrai, toutes les forces ont été mobilisées ce jour-là. J’ai été terriblement triste pendant tout le film que j’ai trouvé aussi beau que violent. Ces vies gâchées, ces familles détruites et ces hommes, tous, traumatisés. Christopher Nolan a mis en scène la fuite désespérés de ceux qui veulent abandonner, qui veulent survivre, et la bravoure presque folle de ceux qui y croient et vont devenir des héros. J’ai appris que des civils étaient venus apporter leur aide à leur armée. Des civils sont venus secourir ceux qui, en difficulté, se battaient pour eux. Se battaient, surtout, parce qu’on leur avait dit de le faire. J’ai beaucoup aimé le jeu de Tom Hardy, qui campe tout un personnage, avec son seul regard mobile et le son de sa voix. J’ai beaucoup aimé les enjeux des soldats au sol que l’on suivait, l’importance alors de la nation. J’ai été très émue par ce qui était imposé à ces hommes, car Dunkerque est un film d’hommes, qui traite d’une histoire d’hommes qui concerne les hommes en premier plan, la patrie surtout aussi. Hier, aujourd’hui, demain, il y aura toujours des personnes pour risquer leur vie pour ceux qui, comme moi, peuvent aller au cinéma pendant ce temps-là. Dunkerque est un film qui, avec peu de dialogues, nous montre beaucoup d’interactions humaines, énormément de liens et d’échanges, couverts par une tension, une urgence palpables.

– Well done.
– All we did was survive.
– That’s enough.


J’ai trouvé la bande-son majestueuse, elle joue parfaitement avec les nerfs et ce dès les premières minutes. La photographie est exquise à l’oeil. Les intentions sont toutes aussi louables que violentes. Elles sont. Je regrette toutefois une unifomité des origines au sein de l’armée anglaise, Il y avait à l’époque j’imagine, une grande communauté indienne et pakistanaise, déjà, qui avait dû être enrôlée dans les troupes. Pour autant ça ne m’a sur l’instant pas particulièrement choquée puisqu’on a tendance à penser que la seconde guerre mondiale a été une affaire d’européens exclusivement et donc de blancs. Comme s’il n’y avait que des blancs en Europe. Ha.Ha. C’est aussi hypocrite que faux. Les français sont peu cités ou peu montrés dans le film, seulement au début, ils se moquent de l’anglais “rentre bien” (je crois), car ce sont effectivement les français qui ont tenu le front face aux allemands pendant que les anglais étaient évacués.

Dunkerque est un bon film, mais qui a fait le choix d’éluder des données très importantes sur l’opération Dynamo, ainsi, s’il rend justice au talent indéniable de Nolan, il mutile l’Histoire en omettant, ne serait-ce que visuellement, ceux qui sont morts pour que d’autres rentrent.

J’ai aussi vu le film Killing Ground, pas vraiment un film d’horreur, ni un film d’épouvante, plutôt une traque, un film violent quoi. Pas un horrible navet, mais pas une lumière. C’est l’histoire d’un couple qui va camper (ça fait un peu penser à Eden Lake du coup), et à qui il arrive des bricoles. Je pense que je ne me souviendrai de ce film que pour un geste extrêmement violent qui m’a tellement choquée que j’en ai bondi sur mon lit (au sens littéral du terme), le coeur au bord des lèvres. Je déteste les films dans lesquels les bébés/enfants souffrent. Je ne peux pas, c’est insoutenable pour moi. Aaron Pedersen, joue extrêmement bien le mec à qui on irait pas chercher des noises.

Dans un style radicalement différent il y a The lost city of Z réalisé par James Gray qui reprend l’histoire de Percy Fawcett, un major de l’armée qui, pour cartographier la région se rend en Bolivie, à la frontière du Brésil sur le Rio Verde. Là-bas, une fois arrivé à la source même du fleuve il trouve dans la jungle des poteries et en repart avec l’idée que des civilisations ont vécu sur ce sol auparavant, peut-être bien avant même que la “race” de l’homme Blanc ne naisse. On va suivre ainsi sa vie alors qu’à diverses reprises il tente de trouver cette fameuse citée qu’il a décidé de nommer Z. J’aime beaucoup les histoires qui touchent à l’Amazonie car cela est très mystérieux pour moi, mais celle-ci s’est révélée assez plate dans sa réalisation. C’est un film tout public, sans recherche stylistique ni photographique. Charlie Hunam joue tout à fait correctement le rôle du Major Fawcett et Robert Pattinson est méconnaissable vieilli par sa barbe en Mr Costin. Je n’ai pas trouvé ce film particulièrement intéressant, même s’il a manifestement pris des libertés dans la représentation du couple Mr et Mrs Fawcett, en revanche, il m’a donné envie de lire sur ce personnage historique dont le corps n’a à ce jour jamais été retrouvé. The lost city of Z s’achève d’ailleurs sur un parti pris du réalisateur quant aux fins multiples qui auraient pu être tournées.

J’ai enfin vu La Belle et la Bête de Bill Condon. Je voulais le voir pour comprendre à quel point Emma Watson y avait été excellente. J’adore Emma Watson, davantage pour ses pensées, ses actes, ses causes et ce qu’elle dégage d’une élégance naturelle non-empreinte d’une féminité consensuelle. Il y a des éléments du film que j’ai beaucoup aimé, d’autres qui m’ont laissée perplexe. Tout d’abord, le côté “comédie musicale”, il faut pouvoir le dépasser. Surtout lorsque les sous-titres traduisent n’importe quoi et ne rendent même pas justice aux paroles originales en français. J’ai été très surprise, car je n’avais vu ni bande-annonce ni extrait, de voir avec quelle précision le film reprenait parfois le dessin animé de Walt Disney. À certains passages je trépignais “mais c’est exactement ça, exactement ce geste ou ce regard dans le dessin animé”, je pense à l’attaque des loups sur Belle, avec le bâton, je pense à la façon qu’a la Bête de la regarder lorsqu’elle est blessée et qu’elle s’effondre, etc… Au niveau de la réalisation le film est intéressant, même si je doute qu’il reste dans les annales et il ne deviendra sûrement pas culte. Certains choix dans l’élaboration des personnages sont intéressants aussi, je pense à Lefou, ouvertement homosexuel, c’était quelque chose que je pressentais lorsque j’étais petite devant le dessin animé peut-être parce qu’il ne se pâmait pas devant le trio de blondes. On apprend des éléments de la vie du père de Belle, Maurice, que l’on n’avait pas avant. On découvre des données importantes sur l’éducation qu’a reçu le prince. On apprend aussi que la bête s’appelle Kyle. NON. C’est Adam bordel. Et le cheval ne s’appelle pas Philippe mais Philibert. Bref. Finalement, ce film n’est que la version filmée et étendue du dessin animé. La Belle et la Bête est le dessin animé de Walt Disney que j’ai le plus vu et le plus aimé dans mon enfance, en fait, c’est même mon préféré. J’adorais les valeurs qu’il véhiculait et je me retrouvais beaucoup dans le personnage de Belle: lectrice avide, française évoluant dans des villages de campagne, la beauté du coeur et de l’âme avant celle du corps (pas pour rien que j’étais très amoureuse de E.T et du Grinch…). J’aimais cette idée, c’est l’histoire d’un monstre, mais il n’est pas celui que vous croyez (que l’on retrouve aussi dans le Bossu de Notre-Dame). Bien que le dessin animé, inspiré d’un vieux conte, regorge de clichés patriarcaux, l’héroïne s’en détache en grande partie et va à la rencontre de son destin au lieu de subir un fatalisme écoeurant: un mariage pourri. On retrouve des valeurs universellement vues comme “féminines”, ou convenues comme l’étant: le sacrifice. J’ai apprécié dans le film, voir Maurice affirmer clairement à Gaston qu’il n’épouserait jamais sa fille, pas comme s’il faisait fi de la parole ou de la décision de son enfant, mais bien conscient qu’il ne méritait pas une femme telle qu’elle et qu’elle ne voudrai jamais de lui.

Bon je trouve que Dan Stevens est un bon acteur (et un homme tout à fait agréable à regarder), mais je n’attendais pas ce type de visage pour incarner Adam.

Ça avait quelque chose d’incroyablement grisant et frustrant de voir ce film et de ne pas pouvoir chanter car je ne connais pas les paroles en anglais.

 D’ailleurs, je viens de voir un extrait en VF, de la chanson au village, je vais leur écrire, y’a pas moyen qu’ils laissent ça comme ça. Ce ne sont pas les paroles de bases putain! Faites un effort les mecs!

En Août, je suis aussi allée voir l’exposition Too young to wed, je vous invite à en lire l’article ici.

Photographie de Une: Dunkirk

Musique

1Comment
  • Bruno
    Posté à 10:12h, 29 août Répondre

    Concernant Dunkerque et la place des blancs je crois savoir que les armées anglaises et surtout américaines pour le débarquement ne voulaient pas de soldats de couleur pour combattre. Ceux ci étaient présents mais cantonnés aux arrières pour la logistique le ravitaillement et les cantines. La guerre était une affaire de blancs surtout pour les américains. Quand ils ont vu le carnage lors du débarquement cela a tout changé. Et lors de la guerre du Vietnam ce n’est plus seulement les blancs qui sont en première ligne mais principalement des blacks ou d’origine mexicaine… Pourtant en 1917 les Français avaient largement “utilisé” les hommes des colonies d’Afrique et d’Asie comme chair à canon… c’est avec les guerres que ces inégalités sont les plus criantes.

Laisser un commentaire