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Mona-Lena, je vis entre ici et là-bas. Ce blog est un prétexte pour écrire sur ce qui me meut, ce qui m'inspire, ce que je perçois du monde en utilisant comme support le corps et le textile. Favorable à une mode instinctive et intuitive, je ne suis pas à l'aise avec les tendances et je ne sais absolument pas les « décrypter » ou les prédire. J'évolue également dans un milieu professionnel très éloigné de tout cet esthétisme puisque je suis éducatrice spécialisée dans la protection de l'enfance (titulaire du DEES). Je suis aussi une maman féministe et plutôt universaliste.

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Azealia Banks – faux seins, faux cheveux mais vrai rap et vraie emmerdeuse. Iels sont #2

06 Oct Azealia Banks – faux seins, faux cheveux mais vrai rap et vraie emmerdeuse. Iels sont #2

C’est le cocktail surprenant d’une sirène, d’un centaure, d’une valkyrie et d’une déesse tribale. Tout cela à la fois. Mythique, mythologique et complètement chaotique. Elle est la plus belle et la meilleure bâtarde de la musique aujourd’hui. Un style explosif qui ne peut se définir, justement, parce qu’il n’existe pas autrement que par elle. Azealia Banks est la jeune rappeuse la plus insolente que j’ai eu l’opportunité d’écouter. Pas seulement entendre, vraiment écouter. Elle est un peu comme ces gamines précoces qui sautent des classes et foutent le bordel en cours car elles ont tout fini avant tout le monde et qu’elles s’ennuient. Elle est l’image même de celle qui réussit en se sortant les doigts du cul, mais aussi parce qu’elle a en elle tout ce qu’il faut pour éclater la planète rap sans trop se fouler. Elle est celle qui a grandit dans un contexte familial peu évident, mais qui a tout de même été favorisée par un milieu intellectuel et culturel propice à la réussite.

Cette pile électrique, véritable tornade d’énergie et de cheveux noirs, active dans tous les sens et qui dévaste tout sur son passage ne mâche pas ses mots.

Je pense qu’ici chacun a compris mon positionnement sur la liberté de chacun de vivre exactement comme il le souhaite, aussi je suis moi-même surprise de tant accrocher à ce personnage qu’est Azealia Banks avec ses kilos de tweets et de remarques homophobes et racistes. Concrètement, lorsqu’elle insulte un homme elle l’appelle quasi systématiquement “pédé” et lorsqu’elles s’en prend aux personnes blanches, ben le fait qu’elles soient blanches est la cause du problème. En gros. Hyper clivée la demoiselle.

Je ne sais toujours pas si elle est vraiment impulsive et ne contrôle de fait pas ses doigts qui vont et viennent sur son clavier pour insulter et clasher quiconque lui fait la moindre réflexion, mais dans tous les cas je ne nie pas que son image globale est excellente. Entre sa plastique de rêve, sa verve acerbe, son univers coloré et ses causes, il s’agit d’une jeune-femme très intéressante qui, si elle semble manquer de mâturité pour le moment, je ne me reconnais que davantage en elle et sa passion dévorante nourrie de la colère. Moins dans son côté troll-de-twitter par contre. Elle a une fâcheuse manie à se mêler de tout, y compris, et surtout, de ce qui ne la regarde pas. Globalement elle fait penser à quelqu’un qui devrait apprendre à tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler, non parce qu’elle sort forcément des conneries mais plutôt parce qu’elle se rend compte, après coup, du caractère profondément inadapté de ses réflexions. On ne peut pas lui enlever, cela dit, sa très profonde implication dans la défense des droits des noirs, à la limite de la suprématie noire. Je me suis souvent demandé à quel moment notre engagement dans une cause, auprès d’une catégorie de population pouvait vasciller sur le versant “je tape sur la gueule de l’autre pour me réhausser”. C’est à dire que nier que le Blanc a été l’oppresseur, reste l’oppresseur, des Noirs c’est être aveugle, mais à quel moment il est utile de faire avancer la cause Noire en dénigrant les Blancs? Azealia Banks lutte à son échelle contre l’approriation culturelle, elle ne supporte pas que les blancs intègrent systématiquement des codes de la culture afro-américaine ou africaine à leur mode de vie, dans un délire d’esthétique et de look sans comprendre les tenants et aboutissants de cette culture et tout ce qu’elle symbolise.

“Black culture is cool, but black issues sure aren’t, huh?”

En ce sens, Azealia Banks déteste Iggy Azalea, elle représente tout ce qu’elle ne supporte pas aux USA. Du coup, question, s’approprier une musique et des codes fort majoritairement noirs mais bénéficier de tous les privilèges des blancs, est-ce du racisme?

En tout cas je salue l’implication d’Azealia Banks qui ne met non pas un point d’honneur à réhausser et promouvoir la femme noire dans les médias comme peut le faire Beyonce avec son Formation Tour, mais plutôt à militer pour que vivre en étant noir aux USA ne soit plus un synonyme de risque de mort. D’autant que j’ai toujours trouvé Beyonce bien hypocrite avec ses longues extensions blondes, sa peau palissant d’années en années et son nez affiné. Elle est belle la fierté noire. Joke!

Voilà l’une des identifications massive d’Azealia Banks, elle est noire, et elle se sent noire et elle porte en étendard la fierté d’appartenir, de faire, la culture noire-americaine. Elle a aussi pu affirmer qu’elle était bisexuelle sans pour autant le mettre en avant et faire du rap lesbien. Elle ne met pas non plus en avant son genre. Elle ne court pas après tous les lièvres et toutes les causes/revendications.

À la base, je voulais parler de sa musique, totalement folle, des rythmes hyper entraînants. Son univers musical oscille entre l’electro, la house et le rap me dit Wikipédia. J’y connais pas grand chose, mais je voyais de belles influences funk, pour ce que je sais du funk.

Complètement maîtresse de ses textes Azealia n’est pas en reste sur ces rappeuses vicieuses et joue même à un niveau bien plus élévé que ce que peuvent pondre ses confrères:

“Kick it with the bitch who comes from Parisian
She know where I get mine from and the season
Now she wanna lick my plum in the evenin’
And fit that tongue tongue d-deep in
I guess that cunt gettin’ eaten” 212

Aussi explicite et versée fluide qu’Eminem dans Drips elle continue:

“Fuck em like you do want to cum
Your gay to get discovered in my 2 1 deuce
Cock-a-lickin’ in the water by the blue bayou
Caught the warm goo
In your doo-rag too son?
Nigga you’re a kool-aid dude
Plus your bitch might lick it
Wonder who let you come to 1 2
With your doo-doo crew son
Fuck, are you into, huh?
Niggas better ohh run-run
You could get shot homie” 212

J’ai vu la belle en concert au Bataclan en 2014, c’était totalement dingue, j’étais absolument tout devant (sauf qu’il y’avait un gros vigile de deux mètres cubes planté juste devant moi à partir de la seconde moitié du concert connardsarace). Sa présence scénique est totale, complète, elle est là, pas ailleurs, elle se donne avec une telle énergie, une passion proche de la hargne, le meilleur concert en terme de prestation auquel j’ai assisté (OK ex aequo avec Rammstein). J’aurais presque pu la toucher…

…et quel rêve parce qu’Azealia est juste l’incarnation de la femme parfaite, selon mes goûts. En plus d’être simplement divine, il faut lui reconnaître de bons goûts vestimentaires conjugués à une excentricité certaine. On la remarque tant par son allure que ses pensées, le pari de la dame est gagné. Elle ne passe jamais inaperçue, et si on la pousse un peu dans un coin comme la petite soeur reloue, elle revient toujours te grimper sur le dos pour te taper sur la tête.

Au début je me suis dit “merde encore une méga bonnasse qui va devoir faire la belle pour vendre du son, sauf que non. Azealia Banks a eu de réelle difficultés à sortir son disque et elle a dû prouver beaucoup pour que son label signe. Et puis, juste elle n’y est pour rien si elle peut filer un démonte-pneus à tout le monde. Pour finir sur son apparence, je regrette simplement ses seins d’avant. Oui, elle sortait du lot des rap bitches et la voilà désormais membre du club des gros-faux-seins-package-de-la-renoie-US. Dommage.

Et sinon, il y’a des articles rigolos sur elle, comme ici.

“White boys do eat pussy better than everyone else, though, I will say that. Maybe it’s those thin white-boy lips!”

Sources:

Thoughtcatalog (EXCELLENT article)

Quora

Azquotes

Photographie de Une: toutes les photos de l’article ont été glanées ici.

2 Comments
  • Catherine
    Posté à 22:11h, 06 octobre Répondre

    J’adore sa voix, d’ailleurs sa reprise de Slow Hands est dans mes chansons les plus écoutées ♡
    Par contre je ne savais pas qu’elle clashait autant sur Twitter (en même temps, je t’avoue que je n’ai pas le temps de suivre ça, j’arrive déjà pas à tenir mon blog à jour aha). N’empêche que, c’est quand même une sacrée bombe!

    • Instable Mona-Lena
      Instable Mona-Lena
      Posté à 11:49h, 07 octobre Répondre

      Ah je ne connaissais pas celle-ci, je vais l’écouter!
      Je n’ai suivi ses frasques twitteresques que via les magazines de rap US qui la relaient régulièrement et du coup la décrédibilise (elle le fait toute seule dans une certaine mesure). Non seulement c’est une sacrée bombe, sous tous les plans, mais en plus elle a débarqué en mode c’est moi que v’là et elle arrache tout sur son passage je trouve.

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