À propos…

Mona-Lena, je vis entre ici et là-bas. Ce blog est un prétexte pour écrire sur ce qui me meut, ce qui m'inspire, ce que je perçois du monde en utilisant comme support le corps et le textile. Favorable à une mode instinctive et intuitive, je ne suis pas à l'aise avec les tendances et je ne sais absolument pas les « décrypter » ou les prédire. J'évolue également dans un milieu professionnel très éloigné de tout cet esthétisme puisque je suis éducatrice spécialisée dans la protection de l'enfance (titulaire du DEES). Je suis aussi une maman féministe et plutôt universaliste.

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À une époque j’ai voulu être prof. Mais ça, c’était avant.

13 Déc À une époque j’ai voulu être prof. Mais ça, c’était avant.

Bonjour vous,

j’espère que vous ne vous êtes pas transformés en bonshommes de neige, ici le temps est très très frais mais je reconnais que j’aime bien ça. Définitivement je ne suis pas faite pour le chaud et la Normandie est pleine de promesses avec ses températures négatives. Ceci dit je déplore qu’elles s’accompagnent presque toujours de pluies à verse car ce que j’aime c’est ce froid sec et mordant, ensoleillé et aveuglant.
Cela fait désormais presque quatre mois que je suis passé de la protection de l’enfance à l’Éducation Nationale. Les jours passent et me confirment que je ne pourrai y faire carrière, d’une manière ou d’une autre, selon un poste ou un autre. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai si bien intégré le milieu de l’éducation spécialisée mais je trouve qu’ici l’administratif est écrasant, les décisions prises me semblent encore plus saugrenues et allant exclusivement vers des sauvegardes budgétaires et non vers un investissement sur le long terme en pariant sur l’avenir des élèves. Plus que dans l’éducation spécialisée où j’ai tout de même l’impression que les éducs essaient mine de rien de sauver les meubles, en contournant souvent les ordres donnés. Ici, je lis dans le regard désemparé de ceux avec qui je travaille, une telle fatigue de s’armer de leur bon sens face à l’économie de ceux qui décident. Je vois ma collègue souffler sur des plaies ouvertes avec tout ce courage, cette détermination. Je vois aussi comme les savoirs dispensés seront triés, comme à la carte par les élèves. Au moins, à les observer de si près, je ne regrette pas d’avoir mis fin à mon projet de prof d’espagnol quand il en était encore temps et de m’être tournée vers la profession que j’ai choisis, j’aurais assurément détesté ça. Les professeurs sont des êtres étranges.

Clairement, mon boulot me manque. Je le savais hein, je savais que j’allais regretter, que j’allais me sentir vide, nulle et inutile. L’internat me manque, les mômes me manquent, mes collègues me manquent, les soirées à refaire le monde à rire me manquent. Les cris, les ras-le-bol, l’énergie me manque. Un cercle vicieux, tout ce dont je n’en pouvais plus me manque aussi. J’ai gagné en confort de vie mais mon cerveau est en berne depuis des mois. C’est sûr que c’est giga cool d’être chez soi tous les soirs, de voir ton enfant tous les matins, de pas travailler le week-end. C’est top. Ça laisse plein de temps pour la famille, pour développer de nouvelles compétences. Mais en dehors de ça, mes compétences, justement, sont complètement inexploitables au travail où tout est si complaisant. L’éducation spécialisée, sans fric aucun, a plus de pouvoir, je trouve, que l’éducation nationale. Plus de moyens humains, et pourtant, c’est la merde.

Bref, tenue normale dans ma salle de classe. Ouais je dis “ma” parce que j’ai envie.

Vest H&M (achetée il y’a cinq ans) – Jean’s Levis ♺ – Pull donné par ma Sainte ♺ – Nike ♺

Photographie de Une: Austère mémère

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